ILSA STRIX, LA LOUVE DES SOUMIS SEXTREMES
La blonde Ilsa Strix est une Maîtresse californienne aux origines germaniques. Elle a 30 ans et, en à peine 10 ans de domination professionnelle, elle s’est taillée aux USA une réputation de femme de fer : elle sait parfaitement utiliser les aiguilles, les crochets, les broches et les agrafes qu’elle plante par centaines dans la peau de ses soumis. Ses performances spectaculaires s’inscrivent en droite ligne du mouvement des « Modernes primitifs » lancé à San Francisco par les premiers gays hardcore militants… Ilsa est une perceuse de cœurs.

Interview : Lorna Zone
Interview réalisée en mars 2002.
Le SM, ça a commencé comment pour vous ?
Par des fantasmes : depuis la puberté, l’inégalité entre les sexes m’excite. Mon premier boyfriend, je l’ai attaché et puni. Je vivais à San Francisco, où la communauté cuir est bien développée depuis les années 70. En grandissant, petit à petit, je suis entrée dedans et à 20 ans, j’en faisais partie comme pro.
Pourquoi êtes-vous devenue professionnelle ?
On dit que ceux qui aiment leur travail ne travaillent jamais vraiment. Pour moi, c’est naturel de faire ce que j’aime et de vivre de mes plaisirs.
Quelle est votre définition de la domination ?
C’est l’art d’utiliser le pouvoir et la confiance qu’un soumis remet entre vos mains, pour en faire une équation érotique. Dedans on trouve : du bondage (art de la restriction), de la discipline (de la punition light aux châtiments lourds comme la fessée), le fétichisme (l’art de sexualiser les objets et les vêtements), la transformation (exploration des genres), la sensation (brouiller les frontières entre souffrance et plaisir) et le fantasme (jeu de rôle).
Comment définiriez-vous le SM ?
Comme une pratique saine, consensuelle, créative, drôle, épanouissante, qui permet de se découvrir et de prendre confiance en soi. Grâce au SM, on peut jouer avec les aspects les plus obscurs de sa psyche.
Qu’est-ce qui vous plait dans votre métier ?
Explorer l’esprit des gens, créer de nouvelles dimensions, sentir ma puissance…
Qu’est-ce qui vous déplait ?
Le quotidien : e-mails, appels téléphoniques, interlocuteurs malhonnêtes, grossiers ou qui nient la sexualité au nom de théories politico-sociales foireuses.
Vous voyagez beaucoup ?
Oui, d’ailleurs là, je vous écris de Sydney en Australie ! La semaine dernière j’étais à New York. C’est un de mes privilèges : mon métier me fait découvrir le monde.
Quel est votre rythme de vie ?
Hors des voyages, je suis très régulière : tous les matins, lever à 7 heures, promenade avec mon chien, gymnastique, travail sur ordinateur. Mon secrétaire s’occupe de la plupart des appels mais je réponds parfois. La journée, je tourne des vidéos pour ma marque (bdsm-video.com), je fais aussi des photos pour le site (ilsastrix.com), j’écris mon journal et je tourmente mon écurie d’esclaves. Le soir, je vais diner avec un ami et en rentrant je lis un livre.
Vous vivez avec quelqu’un ? Votre métier ne pose pas de problème ?
Je vis avec mon rottweiler Dagmar. Il n’y voit aucun inconvénient.
Vous avez des soumis français ?
Oui, plusieurs viennent me voir de France. J’aime leur candeur, ils sont très franc du collier et pleins de grâce.
Quelle est votre originalité en tant que dominatrice ?
J’ai fait des séances assez spectaculaires et très intensives, comme la célèbre « Berkeley 5K » où j’ai enfoncé 5000 aiguilles dans le corps d’un soumis. Durant le « Hundred Hooks over Hollywood », j’ai fait passer un soumis à travers dix séries d’épreuves comportant chacune 100 coups : 100 crochets lui sont passés dans la peau, 100 broches médicales, 100 agrafes, il a reçu 100 marques de fouet, 100 charges électriques etc. Ce n’était pas pendant des séances de SM professionnelles, c’était juste des défis. Chaque défi m’a demandé des années d’entrainement : j’ai appris à manipuler les aiguilles, les crochets… Ca m’a donné l’idée de de fonder www.prodomination.com, le plus grand site d’information professionnelle pour les dominatrices, avec tout un chapitre consacré à la défense légale de notre métier.
Vous êtes très militante dans le milieu ?
J’essaye d’organiser un « front de résistance » ! Actuellement 140 Maîtresses sont investies dans le projet communautaire de prodomination.com et ont aidé à résoudre deux procès… Sur ce site, il y a 5000 photos exclusives prises dans tous les donjons des Etats-Unis, des histoires, des webcams, des interviews, des petites annonces etc. En plus, je fais des ateliers de sado-masochisme deux fois par mois pour montrer les techniques et les mesures de sécurité. J’enseigne aussi la sexualité, quatre fois par mois, à des étudiants de psychologie. Ces deux dernières années, deux de mes vidéos (Queen of pain et Fetish FAQ 1) ont été nominées aux « best fetish vidéos ».
Vous êtes branchée Internet ?
La Silicon Valley se trouve en Californie, alors c’est normal. Mon site est classé comme le site de dominatrice le plus populaire chez Yahoo ! Nous le mettons à jour 6 fois par semaine. Il contient 1000 photos, une centaine de clips, des douzaines de témoignages, mon journal intime, des clips audio, une webcam hebdomadaire et plus encore. J’essaye d’en faire le miroir de la vie incroyable que je mène, un miroir à la fois de la réalité et des fantasmes. On peut y voir ce qui se passe rééllement dans mon donjon.
A quoi ressemble votre donjon ?
J’ai un loft de 180 mètres carrés immaculé et orné des jouets les plus exquis que l’on puisse se procurer moyennant finance ! Comme il y a beaucoup de place, ça me permet de collectionner des grosses pièces de mobilier : une table de bondage qui peut supporter 3 tonnes, un système suspension avec un plafond à miroirs et deux treuils, un coffre d’isolation sensorielle fait sur mesure, et des trônes à bondage en cuir fabriqués spécialement pour moi. Sans compter les cages (une suspendue, une qui roule, une cellule en métal), les croix, les appareils de suspension, des chevaux d’arçon etc. J’aime m’acheter sans cesse de nouveaux équipements pour garder l’excitation intacte. J’adore tout ce qui sort des sentiers battus, les trucs tordus et bizarres. Ce serait rigolo un jour de faire l’inventaire de mes gadgets !
Quels sont vos projets ?
Après dix ans de domination, j’aime toujours être une « centrale électrique ». J’alimente les hommes en énergie ! Ca me fait plaisir quand certains me contactent : s’ils sont sincères et qu’ils veulent me faire plaisir, j’ai l’impression de retrouver mes qualités en eux…














