MAÎTRESSE SALEM : « JE NE SUIS PAS PRÊTE À ME METTRE À GENOUX »

Texte rédigé par Agnès Giard | Interview | Lundi 19 septembre 2005 00:06

Maîtresse Salem se décrit comme une « jeune femme de 30 ans » qui joue beaucoup de son charme et de ses longs regards. « J’aime troubler par des jeux de regard, dit-elle : tout peut passer par là. On est souvent étonné car je souris beaucoup pour une Domina. Apparemment c’est étrange. Je ne comprends pas pourquoi j’ai de la joie de vivre. Je ne me prends jamais la tête (enfin j’essaye !). Ceci dit, lors des séances, mes soumis savent qu’à tout moment mon visage peut changer et mon sourire devenir sadique. » Maîtresse Salem est amoureuse d’une dominatrice transgenre qui lui a enseigné les techniques de la domination. Elles vivent ensemble en Belgique.

Interview : Agnès Giard
Interview réalisée en 2005.
Photos : Francis Loup

Salem, êtes-vous une sorcière ?
J’aime envoûter et user de charmes pour mieux faire souffrir les personnes. J’aime l’ésotérisme, la magie et je fais d’ailleurs d’un groupe de shows SM appelé « l’Ordre des Damnés ». Oui, je suis une sorcière – à une différence près : moi, on ne me brûlera pas.

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de devenir dominatrice ?
J’ai toujours fantasmé sur les super-héroïnes de BD américaines qui -dans leur tenues sexy, moulantes -, dominent du haut de talons vertigineux. Je les ai toujours trouvé très excitantes : les hommes sont à leurs pieds et prêts à tout pour obtenir un regard de ces super-femmes. Au début, c’était juste leur côté fetish qui m’atttirait. Je ne savais pas encore qu’un jour j’irai plus loin.

Vous avez été soumise ou masochiste ?
J’ai effectivement été soumise au début. Enfin, non, plutôt masochiste en fait. Je ne suis pas prête à me  mettre à genoux !

Quand et comment avez-vous découvert le SM ?
Ma première expérience dans le milieu : je m’étais connectée sur un chat SM par curiosité  et je me suis laissée tenter par l’expérience avec un Maître. Dès le début de notre relation, j’étais déjà assez dominante. Il voulait me laisser du temps avant la rencontre pour qu’on apprenne à se connaître et je lui ai dis au bout de trois jours : « ok là je suis libre, je veux te voir. Viens ! ».
Pendant nos jeux j’aimais surtout le fait de ne pas lui donner satisfaction. Je riais, même s’il me faisait très mal. Jamais je ne lui aurais dit stop car pour moi c’était se rabaisser et ça, il n’en était pas question.
C’est lors d’une soirée que je me suis rendu compte que je n’étais pas du bon côté : en plein milieu d’une séance j’ai switché complètement et l’ai humilié comme je ne l’ai encore jamais fait. Le pauvre !

De quelle sorte de personne pourriez-vous tomber amoureuse ?
Mes goûts sont assez vastes mais en fait je n’aime pas le côté classique d’une relation. Ce qui me trouble : un regard, une extravagance, un charme particulier. J’ai une préférence pour les hommes efféminés mais bon en fait je ne sais pas, c’est un ptit truc qui doit passer et c’est tout !

Depuis quand êtes-vous dominatrice ?

Je suis Dominatrice depuis 2 ans… enfin plutôt Maîtresse en fait car j’ai toujours eu un côté Dominant mais j’ai mis longtemps à le mettre à jour. Je n’étais pas prête. Je suis très vite passée par différents stades pour en arriver où j’en suis. Tout ça est neuf pour moi. Mais j’apprends très vite car j’aime ce que je fais. Je suis aussi consciente que j’ai encore beaucoup à découvrir  mais dans ce milieu on apprend tous les jours.
J’ai beaucoup appris grâce à Maîtresse Vampirella au niveau technique. C’est à son contact que j’ai développé mon style.

Qui est Maîtresse Vampirella ?
C’est la femme de ma vie. Je vis en couple avec Maîtresse Vampirella qui est une transsexuelle non-opérée.
Nous nous sommes rencontrés dans le milieu mais étions amis au départ. Puis il s’est passé un « ptit truc ».`

Vous pratiquez le SM en amour ?
Même si nous sommes dans le SM toutes les deux nous ne pratiquons pas ensemble étant donné que nous sommes dominantes.
Ceci dit, ils nous arrive de dominer à deux un soumis.

C’est quoi une bonne dominatrice, pour vous ?
Le plus important pour moi est avant tout le dialogue et le respect de l’autre. Il est important d’établir une confiance car avec ça on peut aller loin et dépasser les limites. Je respecte énormément les sousmis(es) car sans eux une Domina n’est rien et inversement.

Comment appelez-vous les hommes (ou les femmes) qui viennent vous voir pour se faire dominer ?
Tout dépend de leur statut un esclave est diffèrent d’un soumis ou d’un serviteur. Je peux aussi les affubler de petits noms humiliant!

C’est quoi un bon esclave et/ou soumis ?
Un bon esclave/ou soumis est pour moi un être qui se donne complètement dans la confiance, qui respecte sa Maîtresse et se met à la disposition de celle-ci.

Quels sont vos fantasmes SM préférés ?
Je suis fétichiste  des armes blanches. Les jeux de couteaux, lames, me plaisent beaucoup et me font vibrer. Malheureusement il est difficile de trouver des partenaires pour ce genre de jeux.

Qu’aimez-vous faire dans le cadre de la domination ?
J’aime jouer d’un mélange sensuel-érotique et puis plus dur. J’aime mélanger la douceur et la dureté pour affoler les sens et troubler la personne. Je ne joue pas d’une voix dure, je préfère le côté sensuel et même vicieux. Un murmure dans l’oreille peut se révéler plus fort qu’un ton cinglant. Je joue beaucoup avec le regard quand je domine : mon regard change. Je suis très perverse et vicieuse dans mes attitudes et je prends un plaisir extrême en voyant un visage grimaçant sous mes assauts.

Quelles sont vos spécialités ?
J’apprécie beaucoup le cutting. Mais aussi les jeux anals, le gode-ceinture, le fist, la dilatation, le fouet, le double martinet, la torture des tétons… C’est vaste : je peux prendre beaucoup de plaisir pour certains jeux avec une personne réceptive. Mais les jeux que j’aime beaucoup perdent tout leur goût quand je suis avec des personnes qui ne dégagent rien. Tout dépend du feeling !

Si vous étiez un animal, lequel voudriez-vous être ?
Un chat .
Indépendant, parfois calin mais toujours prêt à sortir ces griffes.

Si vous étiez une fleur, laquelle voudriez-vous être ?
Une orchidée.
Mon nom de soumise était Asylum : c’est le nom d’une orchidée dont le parfum rend fou.

Si vous étiez une matière ?
Vinyle ou soie, les deux me plaisent beaucoup

Quelle est votre phrase préférée ?
Toujours aller de l’avant et jamais regarder en arrière.

www.maitressesalem.com

Post scriptum : Beaucoup de choses ont changé dans la vie personnelle et professionnelle de Maîtresse Salem depuis la réalisation de cette interview. Elle organise une des soirées fétichistes régulières de Belgique, la Fetish Project.

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