Ces dernières années plusieurs marques se sont spécialisées dans les sextoys (comprendre les godes et autres vibromasseurs, mais en anglais ça fait toujours plus chic) haut-de-gamme. C’est à dire de jolis objets, dans des matières agréables, avec un « vrai » design et des couleurs chic ou vives. C’était très intelligent car d’un côté, jusque là, ce type d’accessoire était plutôt carrément moche et il était impossible d’en parler dans un magazine sérieux ou un magazine féminin. Le plan marketing fut des plus réussi, toute la presse féminine et un peu le reste de la presse, se sont mis à nous passer en revue les qualités extraordinaires de ces objets miraculeux… dont la seule vraie qualité était qu’ils étaient, enfin, vraiment beaux. Le côté moins sympathique était que pour un résultat peu ou prou similaire à l’ancienne gamme le produit pouvait être de dix à vingt fois plus cher. C’est un peu beaucoup pour une jolie boîte (sympa lorsque l’on l’offre mais qui termine forcément à la poubelle, qui donc conserve ses sextoys dans ta boîte d’origine ?) et un design rigolo.

La vraie révolution a eu lieu dans un second temps, les fabricants de sextoys première génération (avec les veines, une « jolie » couleur chair et avec lesquels on pouvait briser une brique) ont été obligés de faire un petit effort côté design et qualité, soit en débauchant un des designers des nouvelles sociétés, soit en s’en inspirant et pour les moins honnêtes, en faisant carrément des copies.
Et là, nous avons atteint ce que tout le monde attendait, la troisième génération de sextoys : pas très cher, assez beau, agréable au touché et à la mécanique de qualité. Une troisième génération forcément plus chère que les anciens produits des débuts mais nettement moins que les godes et vibros de luxe qui avaient tout bouleversé et dont l’on parle si facilement dans la presse féminine.
Conclusion, quelques audacieux et talentueux designers nous ont permis d’inciter fortement les société traditionnelles à nous proposer enfin de jolis produits à des prix très attractifs pour nous nous mettre… dans la fente et dans le cul. Ben oui, parce qu’il ne s’agissait que ça finalement, soyons honnêtes.